Un orage de grêle vient de balayer votre région et vos panneaux solaires étaient en première ligne ? Dans l'immense majorité des cas, ils ont tenu. Tout panneau certifié IEC 61215, la norme internationale que doit réussir chaque module vendu en Europe, encaisse des billes de glace de 25 mm projetées à 23 m/s (environ 83 km/h) sans casse ni perte de puissance. Le risque réel ne commence qu'au-delà de 3 cm de diamètre.
Ces épisodes extrêmes deviennent pourtant moins rares : en 2022, la grêle a causé environ 5,1 milliards d'euros de dommages assurés en France, un record historique. Voici ce que vos panneaux encaissent vraiment, comment repérer un dégât invisible comme les microfissures, et quoi faire dans les 5 jours ouvrés qui suivent l'orage.
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Un panneau solaire certifié résiste par conception à des grêlons de 25 mm de diamètre frappant à environ 83 km/h. Ce n'est pas un argument commercial : c'est une exigence du test de qualification IEC 61215, obligatoire pour tous les modules commercialisés en Europe.
En laboratoire, un canon pneumatique projette des billes de glace calibrées de 25 mm (± 1 mm) à 23 m/s sur le module. Le protocole impose 11 points d'impact choisis pour viser les zones les plus fragiles : les coins, les bords du cadre, le centre du verre et les jonctions entre cellules.
Pour être certifié, le panneau doit ensuite passer trois contrôles : aucun bris de verre, aucun défaut d'isolement électrique et pas de perte significative de puissance. Un module qui fissure sur un seul des 11 impacts échoue au test.
La face avant d'un panneau est un verre trempé de 3,2 à 4 mm d'épaisseur. Le traitement thermique crée des contraintes de compression en surface qui le rendent environ 5 fois plus résistant qu'un verre classique de même épaisseur.
Derrière le verre, le film encapsulant (EVA) et le cadre en aluminium absorbent une partie de l'énergie d'impact. C'est cette structure en sandwich, plus que le verre seul, qui explique pourquoi la casse reste rare même dans les zones touchées par un orage violent.

Trois seuils résument le danger : en dessous de 1 cm, les grêlons sont inoffensifs pour un panneau certifié. Entre 1 et 3 cm, des microfissures peuvent apparaître sans casse visible. Au-delà de 3 cm, le bris de verre devient possible, surtout si les grêlons tombent à grande vitesse (de 30 à 100 km/h selon leur taille).
Or ces gros grêlons progressent. Selon France Assureurs, l'année 2022 reste un record absolu avec environ 5,1 milliards d'euros de dommages assurés causés par la grêle, alors qu'aucune année n'avait dépassé 1,3 milliard depuis 1984. Cette même année, 235 communes ont été touchées par des grêlons de plus de 5 cm, contre 48 communes au maximum sur la décennie 2010-2020. L'observatoire Keraunos recense par ailleurs plusieurs milliers de chutes de grêlons de plus de 2 cm chaque année en France.
Un verre étoilé ou brisé se repère depuis le sol. Même si le panneau produit encore, les cellules exposées à l'humidité se dégradent vite et un défaut d'isolement peut apparaître : coupez l'onduleur et ne touchez à rien. Vérifiez aussi, toujours depuis le sol, l'alignement des modules : un cadre déformé ou une fixation arrachée signale un choc sévère.
Le dégât le plus sournois ne se voit pas. Une microfissure est une cassure plus fine qu'un cheveu dans le silicium de la cellule : le verre est intact, mais la circulation du courant est perturbée, des points chauds apparaissent et le rendement baisse progressivement. Ces fissures peuvent amputer de plusieurs années la durée de vie de vos panneaux.
Le seul diagnostic fiable est le test d'électroluminescence : on injecte un courant dans le module et on le photographie avec une caméra spéciale, comme une radiographie. Les zones endommagées apparaissent sombres sur l'image, alors qu'elles sont invisibles à l'œil nu.
Si vous habitez une zone régulièrement grêlée, du Sud-Ouest au couloir rhodanien, la résistance à la grêle peut devenir un critère de choix à part entière. Elle se mesure avec les classes RG.
Le répertoire suisse de protection contre la grêle (AEAI/VKF), référence utilisée par les assureurs européens, classe les matériaux de construction de RG1 à RG5 selon le diamètre de grêlon qu'ils encaissent sans dommage :
| Classe | Grêlon testé | Équivalent concret | Niveau de protection |
|---|
| RG1 | 10 mm | noisette | insuffisant pour une toiture |
| RG2 | 20 mm | pièce de monnaie | minimum courant |
| RG3 | 30 mm | noix | standard recommandé |
| RG4 | 40 mm | balle de ping-pong | zones à risque |
| RG5 | ≥ 50 mm | balle de golf | maximum du répertoire |
Le test IEC 61215 (25 mm) situe les panneaux standards entre RG2 et RG3. Les fabricants qui visent les zones à risque font certifier leurs modules RG4 ou RG5 par des tests complémentaires.
Un panneau bi-verre remplace le film polymère de la face arrière par une seconde plaque de verre. Cette structure symétrique répartit mieux les contraintes lors d'un impact : la cellule, prise en sandwich au point neutre de flexion, fissure moins facilement.
Certains modules « climat rude » montent aussi la face avant à 4 mm de verre trempé au lieu de 3,2 mm. Ces critères de robustesse font partie des points à examiner dans notre comparatif des marques de panneaux solaires.
Preuve que le risque grêle est pris au sérieux, le fabricant alsacien Voltec Solar a lancé en octobre 2025 le Tarka Diamant, un module certifié RG5 testé avec des grêlons de 55 mm sans dommage ni perte de performance. Un grêlon de cette taille dépasse 100 km/h en chute et délivre plus de 10 joules à l'impact, soit environ 6 fois l'énergie du test standard.
C'est aujourd'hui l'une des résistances les plus élevées du marché, et elle vient d'une usine française : un argument de plus dans notre tour d'horizon des panneaux solaires fabriqués en France.

Que faire après un orage de grêle sur vos panneaux solaires ? Quatre réflexes, dans cet ordre :
- Restez au sol. Ne montez jamais sur un toit après un orage : tuiles glissantes, verre brisé et risque électrique. Si une casse est visible, coupez l'onduleur et le disjoncteur dédié à l'installation.
- Constituez les preuves depuis le sol. Photographiez la toiture (zoom ou jumelles), les grêlons au sol à côté d'un objet de référence, et notez la date et l'heure de l'orage. Rassemblez la facture de votre installation.
- Surveillez la production pendant plusieurs jours. Sur l'application de votre onduleur, comparez la production à une journée d'ensoleillement équivalent avant l'orage. Une baisse marquée et persistante, sans casse visible, est le signe typique de microfissures.
- Faites diagnostiquer en cas de doute. Si la baisse se confirme, demandez à un installateur RGE une inspection avec test d'électroluminescence, et faites chiffrer la remise en état.
Si l'inspection révèle que des fixations ont cédé à cause d'une pose défectueuse, le sujet change de terrain : c'est la garantie décennale de l'installateur qui doit jouer, pas votre assurance.
La grêle relève de la garantie tempête-grêle-neige, incluse dans toute assurance multirisque habitation. Contrairement aux inondations ou à la sécheresse, elle joue sans arrêté de catastrophe naturelle : pas besoin d'attendre une publication au Journal officiel pour être indemnisé.
Le point critique est le délai : vous avez 5 jours ouvrés à partir de la constatation des dégâts pour déclarer le sinistre. Joignez vos photos, la facture d'installation et le devis de réparation établi par l'installateur, et ne faites ni nettoyer ni réparer avant l'accord de l'assureur ou le passage de l'expert. Une franchise et un coefficient de vétusté s'appliqueront à l'indemnisation : sur une installation de 6 kWc, dont le prix dépasse 10 000 € TTC, l'enjeu justifie de soigner le dossier.
Pour tout le reste, la déclaration initiale de vos panneaux à l'assureur, le détail des garanties, la responsabilité civile producteur et le coût de la couverture, consultez notre guide de l'assurance des panneaux solaires.
Combinez deux contrôles : une inspection visuelle depuis le sol avec un zoom photo ou des jumelles, et le suivi de la courbe de production sur l'application de l'onduleur pendant une semaine. Certains installateurs proposent aussi une inspection par drone, rapide et sans risque, qui repère les impacts que l'on ne voit pas depuis la rue.
Non, c'est une fausse bonne idée. Monter sur un toit sous un ciel d'orage est bien plus dangereux que la grêle elle-même, et une bâche mal fixée s'envole avec les rafales en endommageant ce qu'elle devait protéger. Les panneaux sont précisément conçus pour encaisser la grêle courante sans intervention.
En général, non : la grêle est un dommage externe, pas un défaut de fabrication, et les garanties fabricant excluent les événements climatiques. C'est votre assurance habitation qui indemnise, à condition de prouver le lien avec l'orage, d'où l'importance des photos datées et du diagnostic par électroluminescence.
Oui, à panneau égal. La grêle tombe quasi verticalement : sur une toiture inclinée à 30 ou 35°, l'impact est oblique et une partie de l'énergie est déviée, alors qu'un panneau posé presque à plat (carport, ombrière, installation au sol faiblement inclinée) l'encaisse de face. Pour ces configurations, viser une classe RG4 est un choix prudent en zone à risque.
Les modules bi-verre atteignent couramment la classe RG4, soit des grêlons de 40 mm. Autre avantage, avancé notamment par le fabricant Solarwatt : en cas de fissuration, un bi-verre conserverait environ 85 % de sa capacité de production, contre 70 % pour un panneau verre-film classique. Des ordres de grandeur fabricant, mais qui illustrent bien la meilleure tenue de cette architecture.