Panneaux solaires made in France : qui fabrique encore vraiment en 2026 ?
Mis à jour le 4 juillet 2026
État des lieux 2026 des panneaux solaires fabriqués en France : Voltec Solar dernier fabricant actif, DualSun Spring assemblée dans l'Ain, abandon du projet Carbon en mai 2026, surcoût réel face aux modules chinois et rôle décisif de la TVA 5,5 % réservée aux panneaux bas carbone.
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Paul-Marie
Fondateur de Potentielsolaire
Passionné par l'énergie solaire, j'ai créé Potentielsolaire pour aider les particuliers à comprendre et réussir leur projet photovoltaïque. Chaque article est rédigé avec soin pour vous apporter des informations fiables et à jour.
Qui fabrique encore des panneaux solaires made in France en 2026 ? Un seul industriel assemble aujourd'hui des modules photovoltaïques standard sur le sol français : Voltec Solar, dans son usine alsacienne de Dinsheim-sur-Bruche. DualSun produit sa gamme hybride Spring dans l'Ain, FranceWatts fabrique des tuiles solaires en Normandie, et c'est à peu près tout.
Le paysage s'est même assombri : après la liquidation de Systovi (2024) et l'arrêt de Photowatt (2025), le projet de giga-usine Carbon à Fos-sur-Mer a été officiellement abandonné le 19 mai 2026. Et une bonne partie des marques « françaises » du marché vendent en réalité des panneaux fabriqués en Asie.
Faut-il pour autant renoncer ? Pas si vite. Depuis la réforme de 2026, la TVA à 5,5 % est réservée aux installations équipées de panneaux bas carbone, une catégorie où les modules français excellent : ce seul avantage fiscal compense l'essentiel du surcoût. Voici qui fabrique quoi, à quel prix, et dans quels cas le made in France se justifie.
Ce dossier prolonge notre guide des marques
Pour situer Voltec et DualSun face aux géants asiatiques et américains, consultez notre comparatif des marques de panneaux solaires.
Qui fabrique encore des panneaux solaires en France en 2026 ?
En juillet 2026, la liste des fabricants français tient sur trois doigts : Voltec Solar (seul fabricant de modules standard), DualSun (uniquement pour sa gamme hybride Spring) et FranceWatts (tuiles solaires, marché de niche). Toutes les autres marques françaises du secteur conçoivent ou distribuent des panneaux produits en Asie.
Marque
Fabriqué en France ?
Réalité industrielle
Voltec Solar
Oui
Assemblage complet à Dinsheim-sur-Bruche (Alsace), certifié Origine France Garantie
DualSun
Partiellement
Gamme Spring assemblée à Jujurieux (Ain) ; gamme Flash fabriquée en Chine par DMEGC
FranceWatts
Oui
Tuiles solaires et modules sans cadre en Normandie, Avis Technique CSTB
Beem, Sunology, MyLight
Non
Conception et kits français, panneaux sourcés en Asie
La nuance a son importance : concevoir un kit à Nantes ou développer une application de pilotage ne fait pas un panneau français. Ces marques ont de vraies qualités, mais leurs modules sortent des mêmes usines asiatiques que ceux de la concurrence.
Systovi, Photowatt, Recom-Sillia : trois disparitions en dix-huit mois
La filière a perdu ses autres acteurs coup sur coup. Systovi (Loire-Atlantique), spécialiste de l'aérovoltaïque, a été liquidée en avril 2024, la même année que l'arrêt de Recom-Sillia à Lannion. Photowatt, pionnier fondé en 1979 devenu filiale d'EDF, a annoncé l'arrêt de son activité en janvier 2025.
La disparition de Photowatt pèse lourd : c'était la seule chaîne française couvrant lingots, wafers et cellules. Depuis, plus aucune cellule photovoltaïque n'est produite dans l'Hexagone.
Carbon abandonné, HoloSolis attendue pour 2027
La relève devait venir des giga-usines. Le 19 mai 2026, les porteurs du projet Carbon à Fos-sur-Mer (5 GW visés, 1,5 milliard d'euros, 3 000 emplois annoncés) ont jeté l'éponge. Environ 250 millions d'euros de soutien public étaient sécurisés, mais les investisseurs privés n'ont pas suivi, faute de préférence européenne réelle : l'Industry Acceleration Act de mars 2026 a élargi le « made in Europe » à des modules venus de Turquie, du Vietnam ou d'Inde.
Reste HoloSolis, à Hambach en Moselle : permis de construire et autorisation environnementale obtenus, plus de 200 millions d'euros levés, construction engagée en 2026 pour de premiers modules espérés en 2027. La décision finale d'investissement n'est toutefois pas encore confirmée, prudence donc avant d'en faire un argument d'achat.
Voltec Solar : notre avis sur le dernier fabricant français
Fondée en 2009 à Dinsheim-sur-Bruche, près de Strasbourg, Voltec Solar a sorti ses premiers panneaux en 2010 et reste le dernier fabricant français de modules standard. Son usine peut produire environ 1 million de modules par an (500 MW), mais n'en a assemblé qu'environ 230 000 en 2025 : la crise mondiale de surproduction frappe aussi l'Alsace.
Techniquement, les panneaux Voltec (gamme Tarka en tête) jouent dans la cour des grands : rendement de 22 à 23 %, garantie produit de 25 ans et 89 % de la puissance initiale garantie après 25 ans. Le verre provient de Saint-Gobain, et les modules cumulent certification Origine France Garantie et certification bas carbone.
Les points forts :
Seul assemblage complet de modules standard en France (soudure, encapsulation, vitrage, tests)
Rendement de 22 à 23 %, au niveau des références mondiales
Garanties longues : 25 ans produit, 89 % de production à 25 ans
Certification bas carbone, donc compatible avec la TVA 5,5 %
Les limites :
Prix supérieur de 30 à 40 % à un module chinois équivalent, à puissance égale
Réseau d'installateurs partenaires moins dense que celui des grandes marques asiatiques
Gamme plus restreinte, sans très hautes puissances
Notre avis : Voltec Solar est un choix rationnel si l'empreinte carbone, l'emploi local et le SAV de proximité comptent pour vous, d'autant que la TVA réduite absorbe une bonne partie de l'écart de prix. Si aucun installateur ne propose la marque près de chez vous, lisez notre avis sur les panneaux Q CELLS, conception allemande produite en Asie et aux États-Unis, souvent plus facile à trouver sur les devis.
Un panneau made in France, ça veut dire quoi exactement ?
Aucun panneau solaire vendu en 2026 n'est 100 % français. Depuis l'arrêt de Photowatt, personne ne produit de cellules photovoltaïques en France : Voltec importe les siennes d'Asie, comme tout le monde. Le made in France désigne donc l'assemblage, c'est-à-dire la soudure des cellules, l'encapsulation, la pose du verre et du cadre, puis les tests qualité.
La chaîne de valeur d'un module « français » ressemble à ceci :
Polysilicium et lingots : la Chine concentre environ 82 % de la production mondiale
Wafers et cellules : exclusivement importés d'Asie, aucune usine en France
Verre et cadre : sourcing européen possible (Saint-Gobain pour Voltec)
Assemblage et tests : la seule étape réellement française
Le cas DualSun illustre bien la frontière. Sa gamme hybride Spring (photovoltaïque + thermique) est assemblée à Jujurieux, dans l'Ain, avec plus de 50 % de valeur ajoutée française. Sa gamme Flash, qui représente la majorité des ventes, est fabriquée en Chine par DMEGC : notre test détaillé des panneaux DualSun passe les deux gammes au crible.
Combien coûte le choix du made in France ?
Au niveau du module seul, l'écart est réel : comptez 30 à 40 % de plus pour un panneau assemblé en France que pour un équivalent chinois. Rien d'étonnant, une ligne de production coûte environ quatre fois plus cher en Europe qu'en Asie (de l'ordre de 8 millions d'euros contre 2).
Mais le panneau ne pèse que 30 à 40 % du prix d'un projet clé en main : la pose, l'onduleur, le coffret électrique et les démarches ne coûtent pas plus cher parce que le module est alsacien. Ramené au système complet, le surcoût retombe à 15-25 %, soit environ 1 000 à 1 500 € sur une installation de 6 kWc. Voici les prix de référence d'une installation standard :
Tarifs Arrêté du 1ᵉʳ juin 2026 (en vigueur depuis le 5 juin 2026) — valables du 05/06/2026 au 31/07/2026
Puissance
3 kWc (Maison < 100 m²)
6 kWc (Maison de 150 m²)
9 kWc (Maison > 200 m²)
Prix indicatif HT
6 400 €
10 300 €
13 300 €
TVA
5,5%
5,5%
5,5%
Prix TTC
6 752 €
10 867 €
14 032 €
TVA à 5,5% sous réserve des critères d'éligibilité 2026 : logement de plus de 2 ans, panneaux bas carbone et système de pilotage de l'énergie. Sinon, TVA à 20%.
C'est ici que la réforme de 2026 rebat les cartes. La TVA à 5,5 % exige désormais, entre autres conditions, des panneaux bas carbone (moins de 530 kgCO₂eq/kWc) et un gestionnaire d'énergie ; à défaut, toute l'installation bascule à 20 %. Sur un projet de 6 kWc, l'écart entre les deux taux frôle 1 500 € : exactement l'ordre de grandeur du surcoût made in France.
Soyons honnêtes : bas carbone ne veut pas dire français, et des fabricants chinois comme Jinko certifient aussi des modules sous le seuil. Mais les panneaux français et européens y sont éligibles quasi systématiquement, ce qui neutralise l'essentiel de l'écart de prix face aux modules asiatiques non certifiés.
Dernier rappel de contexte : la prime à l'autoconsommation a disparu pour toute demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026. Le surplus n'est par ailleurs racheté que 0,011 €/kWh, contre 0,194 €/kWh économisé en autoconsommation, soit environ 18 fois plus. La TVA réduite est donc devenue le dernier levier fiscal d'un projet solaire, et elle passe par le bas carbone.
Écologie et souveraineté : les vrais arguments
L'argument environnemental est solide. Un panneau assemblé en France affiche une empreinte carbone d'environ 40 à 50 % inférieure à celle d'un module chinois, grâce à une électricité de fabrication moins carbonée et à des transports réduits. Sur 25 à 30 ans de production, l'écart n'a rien de symbolique.
L'argument de souveraineté est plus contrasté. La Chine domine le polysilicium et l'essentiel des cellules : même un panneau alsacien dépend de composants asiatiques. Acheter français soutient l'assemblage local, le SAV et des recours juridiques de proximité, mais ne crée pas encore d'indépendance industrielle.
Le marché le confirme : au printemps 2026, seuls ~5 % des panneaux posés en France étaient made in Europe, alors qu'environ 22 % des modules chinois vendus étaient certifiés bas carbone, donc éligibles à la TVA 5,5 %. Sans préférence européenne dans les appels d'offres et les critères d'aides, l'assemblage français restera un choix de conviction : encouragé par la fiscalité, mais pas protégé par elle.
Questions fréquentes
Existe-t-il des panneaux solaires 100 % français ?
Non. Aucune usine ne produit de cellules photovoltaïques en France depuis l'arrêt de Photowatt en 2025. Voltec Solar, le fabricant le plus intégré, importe ses cellules d'Asie puis réalise soudure, encapsulation, vitrage et tests en Alsace : un panneau « français » est un panneau assemblé en France, jamais fabriqué à 100 %.
Un panneau bas carbone est-il forcément fabriqué en France ?
Non. Le critère repose sur l'empreinte carbone (moins de 530 kgCO₂eq/kWc), pas sur le lieu d'assemblage : des fabricants chinois comme Jinko certifient des modules sous ce seuil. Au printemps 2026, environ 22 % des panneaux chinois vendus en France étaient éligibles à la TVA 5,5 %, contre ~5 % de modules made in Europe réellement posés.
Comment vérifier qu'un panneau ouvre droit à la TVA 5,5 % ?
Demandez à votre installateur une preuve écrite de l'empreinte carbone du module (moins de 530 kgCO₂eq/kWc) et du respect des limites de métaux (argent < 14 mg/W, plomb < 0,1 %). Vérifiez aussi les autres conditions : puissance ≤ 9 kWc, logement achevé depuis plus de 2 ans et présence d'un gestionnaire d'énergie (EMS). Si un seul critère manque, la TVA passe à 20 %.
Quand HoloSolis produira-t-elle ses premiers panneaux ?
L'usine de Hambach (Moselle) vise ses premiers modules en 2027, après un lancement de la construction en 2026. Permis de construire, autorisation environnementale et plus de 200 millions d'euros de financement sont acquis, mais la décision finale d'investissement restait à confirmer à l'été 2026. À terme, le site annonce une capacité de 10 millions de panneaux par an.