Batterie virtuelle : avis et comparatif des offres en 2026
Mis à jour le 12 mars 2026
La batterie virtuelle stocke virtuellement votre surplus solaire pour le récupérer le soir ou en hiver, sans équipement physique. Comparatif Urban Solar, MyLight, tarifs réels, rentabilité et pièges à éviter.
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Paul-Marie
Fondateur de Potentielsolaire
Passionné par l'énergie solaire, j'ai créé Potentielsolaire pour aider les particuliers à comprendre et réussir leur projet photovoltaïque. Chaque article est rédigé avec soin pour vous apporter des informations fiables et à jour.
Vous produisez de l'électricité solaire et vous regardez votre surplus partir sur le réseau à 0,04 €/kWh, alors que vous payez votre électricité 0,1952 €/kWh le soir ? La batterie virtuelle promet de résoudre ce problème sans investir des milliers d'euros dans une batterie physique.
Notre avis est nuancé : c'est une solution pertinente pour certains profils, mais elle comporte des coûts cachés et un inconvénient majeur que beaucoup de sites passent sous silence - vous perdez la prime à l'autoconsommation. Avant de signer, voici ce que vous devez savoir.
Article lié
Cet article approfondit un sujet de notre guide complet sur les batteries de stockage.
Qu'est-ce qu'une batterie virtuelle ?
Une batterie virtuelle n'est pas un équipement physique. C'est un service de comptabilisation proposé par certains fournisseurs d'électricité : quand vos panneaux produisent plus que vous ne consommez, l'excédent part sur le réseau et le fournisseur le crédite sur un "compte virtuel" à votre nom.
Le soir, en hiver, ou quand il fait nuageux, vous "piochez" dans ce compte pour alimenter votre logement depuis le réseau. Vous payez alors un tarif réduit ou nul sur cette portion - selon les conditions du contrat.
Du panneau au compteur : le circuit complet
Vos panneaux produisent 30 kWh sur la journée
Vous consommez 15 kWh en direct pendant les heures de soleil
Le surplus de 15 kWh s'injecte sur le réseau et est crédité sur votre compte virtuel
Le soir, vous consommez 10 kWh depuis le réseau
Ces 10 kWh sont déduits de votre crédit - vous ne payez que les frais d'acheminement
La différence avec la revente EDF OA est fondamentale : en vendant votre surplus, vous encaissez 0,04 €/kWh mais vous achetez votre électricité du soir à 0,1952 €/kWh. Avec la batterie virtuelle, vous "stockez" pour récupérer votre propre électricité à moindre coût - mais pas gratuitement.
Ce que "gratuit" veut dire (et ne veut pas dire)
Même avec un crédit de 100 kWh, vous payez toujours les frais d'acheminement (TURPE) lorsque vous consommez depuis le réseau. Ces frais représentent environ 30 à 40 % du prix du kWh. Le kWh "virtuel" n'est donc jamais à 0 € - il coûte moins cher que le tarif plein, mais pas rien.
Comparatif des offres de batterie virtuelle en 2026
Le marché s'est restreint. Depuis le 22 janvier 2026, JPME (Actelios) a perdu son agrément de fournisseur d'électricité par arrêté ministériel, à la suite de pratiques commerciales trompeuses. Ses clients ont été automatiquement basculés chez EDF. Il ne reste désormais que deux acteurs principaux : Urban Solar Energy et MyLight Systems.
Urban Solar Energy
Urban Solar est le principal fournisseur de batterie virtuelle pour particuliers en France. L'offre est simple : vous devenez client Urban Solar, et votre surplus solaire est crédité sur votre espace client.
Tarification réelle :
Frais de mise en place : 249 € TTC (à la souscription)
Abonnement stockage virtuel : 1 €/kWc/mois (soit 6 €/mois pour une installation de 6 kWc)
Prix du kWh consommé : aligné sur le tarif réglementé (0,1952 €/kWh en base)
Abonnement réseau annuel : 202 € environ
Contrat sans engagement, résiliable à tout moment
Ce que les avis Urban Solar soulignent :
Application mobile claire, suivi de production en temps réel
Pas de limite de stockage virtuel
Frais d'entrée raisonnables par rapport à MyLight
Tarif du kWh consommé non inférieur au tarif réglementé (pas de réduction sur la fourniture)
MyLight Systems (MySmartBattery)
MyLight propose une solution couplée à un équipement physique : le coffret MySmartBattery, un gestionnaire d'énergie (EMS) connecté. C'est une approche plus intégrée.
Ce que les avis MyLight mettent en avant :
EMS performant : optimisation automatique de l'autoconsommation directe en plus du stockage virtuel
Suivi de production très précis, pilotage des appareils
Rentabilité annoncée de 6 à 8 ans selon MyLight
Les points de vigilance :
Prix du coffret EMS : 1 500 à 2 500 € (équipement obligatoire)
Tarif d'abonnement : autour de 12,99 €/mois selon les formules
Solution moins flexible : vous achetez du matériel, pas juste un service
Abonnement sur plusieurs années souvent proposé par les installateurs partenaires
Tableau comparatif
Critère
Urban Solar
MyLight
Frais d'entrée
249 € TTC
1 500 à 2 500 € (EMS)
Abonnement
~1 €/kWc/mois
~12,99 €/mois
Engagement
Sans engagement
Variable (contrat installateur)
Plafond de stockage
Illimité
Illimité
EMS inclus
Non
Oui
Compatible Linky
Oui (obligatoire)
Oui
Batterie virtuelle et prime à l'autoconsommation : le piège principal
C'est le point le plus important à comprendre avant de choisir une batterie virtuelle.
Pour percevoir la prime à l'autoconsommation, vous devez obligatoirement avoir un contrat de vente du surplus avec EDF OA ou un acheteur agréé. Or, avec Urban Solar ou MyLight, vous ne vendez plus votre surplus - vous le "stockez". Résultat : vous perdez la prime à l'autoconsommation.
Tarifs T1 2026 — valables du 01/01/2026 au 31/03/2026
Puissance
Montant de la prime (€/kWc)
Montant total max (€)
≤ 3 kWc
80 €/kWc
240 €
> 3 et ≤ 9 kWc
80 €/kWc
720 €
> 9 et ≤ 36 kWc
140 €/kWc
5 040 €
> 36 et ≤ 100 kWc
70 €/kWc
7 000 €
Pour une installation de 6 kWc, la prime représente 480 € versés environ un an après la mise en service. C'est un manque à gagner direct qu'il faut intégrer dans votre calcul de rentabilité.
Certaines offres hybrides existent : elles permettent de vendre une partie du surplus via EDF OA tout en utilisant la batterie virtuelle pour le reste. Vérifiez ce point précisément avant de signer.
Calcul de rentabilité honnête
Prenons un exemple concret pour une installation de 6 kWc à Lyon (1 300 h d'ensoleillement/an).
Hypothèses :
Production annuelle : 7 098 kWh
Autoconsommation directe : 60 % (4 259 kWh)
Surplus injecté : 40 % (2 839 kWh)
Option 1 : revente surplus EDF OA
Revenu annuel surplus : 2 839 × 0,04 = 114 €/an
Prime autoconsommation : 480 € (versée une fois, ~1 an après la mise en service)
Dans cet exemple, la batterie virtuelle génère 288 €/an contre 594 € pour EDF OA en année 1 (prime incluse). Sur les années suivantes sans prime, la batterie virtuelle rapporte davantage (+174 €/an).
Le seuil de rentabilité en faveur de la batterie virtuelle dépend donc :
Du montant de la prime perdue (dépend de la puissance installée)
De la durée pendant laquelle vous conservez l'offre
De l'évolution du prix de l'électricité
La batterie virtuelle est avantageuse si vous l'utilisez sur au moins 3 à 5 ans et si votre surplus annuel dépasse 2 000 kWh.
Avantages et inconvénients de la batterie virtuelle
Les vrais avantages
Zéro investissement matériel : une batterie physique coûte 5 000 à 10 000 € pour 10 kWh stockés. La batterie virtuelle ne nécessite aucun équipement supplémentaire (hors MyLight qui impose un EMS).
Stockage illimité : vous pouvez charger votre "compte" en été et le vider en hiver. Une batterie physique de 10 kWh est pleine dès le lendemain d'une bonne journée.
Pas de dégradation : une batterie lithium perd 20 à 30 % de capacité en 10 ans. Le stockage virtuel ne se dégrade pas.
Flexibilité : Urban Solar est sans engagement. Vous pouvez revenir à EDF OA si les conditions changent.
Les inconvénients à connaître avant de signer
Perte de la prime autoconsommation : jusqu'à 720 € de manque à gagner selon votre puissance.
Frais d'acheminement non supprimés : le kWh récupéré n'est jamais gratuit, contrairement à ce que laissent entendre certains arguments commerciaux.
Instabilité des conditions tarifaires : les fournisseurs peuvent modifier leurs tarifs. La disparition de JPME en 2026 rappelle que le risque fournisseur est réel.
Compatibilité Linky obligatoire : sans compteur Linky, la quasi-totalité des offres sont inaccessibles.
Comment choisir entre batterie virtuelle, revente EDF OA et batterie physique ?
Votre choix dépend de trois facteurs : votre surplus annuel, votre budget, et votre besoin d'autonomie.
Revente EDF OA : recommandée si votre installation est récente (prime à toucher), si votre surplus est faible (< 1 500 kWh/an) ou si vous souhaitez la simplicité maximale. Notre article sur l'autoconsommation ou revente totale compare les deux modes en détail.
Batterie virtuelle : pertinente si vous avez déjà touché la prime, si votre surplus est important (> 2 000 kWh/an) et si vous ne voulez pas investir dans du matériel.
Batterie physique : justifiée si vous avez besoin d'autonomie réelle (zone isolée, coupures fréquentes, tarif heures pleines/creuses très différencié). Le coût reste élevé et les économies réelles sur votre facture mettent du temps à se matérialiser.
Pour les installations de 9 kWc, la prime autoconsommation atteint 720 € : le manque à gagner est conséquent, ce qui rend la revente EDF OA plus compétitive les premières années.
Questions fréquentes
Peut-on garder la prime autoconsommation avec une batterie virtuelle ?
Dans la majorité des cas, non. La prime à l'autoconsommation impose de vendre le surplus via EDF OA. En choisissant une batterie virtuelle, vous ne vendez plus votre surplus, donc vous ne percevez pas la prime. Certaines offres hybrides permettent de cumuler les deux dispositifs - vérifiez les conditions précises avant de souscrire.
La batterie virtuelle fonctionne-t-elle sans compteur Linky ?
Non, dans la quasi-totalité des offres. Le compteur Linky est indispensable car il mesure précisément l'injection sur le réseau et le soutirage, minute par minute. Sans lui, la comptabilisation du stockage virtuel est impossible.
Que se passe-t-il si le fournisseur fait faillite ou perd son agrément ?
Vos crédits de kWh non consommés sont perdus. La disparition de JPME en janvier 2026 l'illustre concrètement : les clients ont été basculés chez EDF sans récupérer leurs crédits accumulés. Pour limiter ce risque, choisissez un acteur établi et évitez d'accumuler un stock virtuel trop important.
Peut-on cumuler batterie physique et batterie virtuelle ?
Techniquement oui. Une batterie physique gère l'autonomie immédiate (surplus de la journée), la batterie virtuelle absorbe le surplus qui dépasse sa capacité. En pratique, cela complexifie la gestion et multiplie les frais. Ce schéma n'est pertinent que pour les grandes installations (> 9 kWc) avec un surplus très important.
La batterie virtuelle est-elle compatible avec la TVA 5,5 % ?
La batterie virtuelle étant un service (pas un équipement), elle n'entre pas dans le périmètre de la TVA à taux réduit. En revanche, si vous optez pour MyLight qui impose l'achat d'un EMS, cet équipement peut être éligible à la TVA 5,5 % s'il remplit les conditions de la réglementation en vigueur depuis janvier 2026 - notamment les critères bas-carbone et la puissance ≤ 9 kWc. Plus de détails dans notre guide sur la TVA 5,5 % pour les panneaux solaires.