Autoconsommation ou revente : le match est plié depuis juin 2026
Mis à jour le 24 juillet 2026
Depuis le 5 juin 2026, un kWh autoconsommé vaut 0,2001 € contre 0,011 € revendu, 18 fois plus. Comparatif des trois régimes de raccordement : vente du surplus, autoconsommation totale (CACSI), vente totale. Calculs sur 6 kWc et critères pour vendre son surplus ou y renoncer.
Chiffrez les aides et la rentabilité de votre toit
Simulation gratuite, sans inscription
Paul-Marie
Fondateur de Potentielsolaire
Passionné par l'énergie solaire, j'ai créé Potentielsolaire pour aider les particuliers à comprendre et réussir leur projet photovoltaïque. Chaque article est rédigé avec soin pour vous apporter des informations fiables et à jour. En savoir plus sur la démarche
Tarifs officiels en vigueur au 1ᵉʳ août 2026 (délibération CRE du 16 juillet 2026 et arrêté du 1ᵉʳ juin 2026), valables du 01/08/2026 au 31/01/2027
Le match autoconsommation ou revente est plié depuis le 5 juin 2026 : un kWh autoconsommé vaut 0,2001 € (le prix que vous ne payez pas au réseau), un kWh revendu rapporte 0,011 €. Autoconsommer valorise votre électricité environ 18 fois mieux que la vendre.
La vraie question a changé. Il ne s'agit plus de départager deux modèles économiques, mais de choisir votre régime de raccordement parmi trois options : vendre votre surplus à EDF OA, ne rien vendre du tout (autoconsommation totale), ou vendre la totalité de votre production, une option réservée aux installations de plus de 9 kWc et qui ne se défend plus.
Ce comparatif chiffre les trois régimes sur une installation type de 6 kWc, puis vous donne les critères pour trancher le seul arbitrage encore ouvert : vendre son surplus pour une trentaine d'euros par an, ou y renoncer pour la simplicité.
Autoconsommation ou revente : un match plié depuis le 5 juin 2026
L'arrêté tarifaire du 1ᵉʳ juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin, a tranché le débat pour toute demande de raccordement déposée depuis le 5 juin. Le kWh injecté sur le réseau est racheté à un tarif unique de 0,011 €/kWh jusqu'à 100 kWc, que vous vendiez votre surplus ou la totalité de votre production. La vente totale n'est même plus proposée aux installations de 9 kWc ou moins, et la prime à l'autoconsommation a disparu dans le même texte.
Tarifs de rachat EDF OA par tranche de puissance, en vente totale et en vente de surplus
Puissance
Vente totale (€/kWh)
Vente surplus (€/kWh)
≤ 9 kWc
Non éligible
0,0110
≤ 36 kWc
0,0110
0,0110
≤ 100 kWc
0,0110
0,0110
Face à ce tarif, le kWh que vous n'achetez pas au réseau vaut 0,2001 € (Tarif Bleu EDF, option Base). Chaque kWh produit puis vendu au lieu d'être consommé vous fait donc perdre 0,189 €. C'est ce rapport de 1 à 18 qui plie le match : la rentabilité d'une installation repose entièrement sur les kWh autoconsommés, la revente n'est plus qu'un bonus symbolique.
Surplus, autoconsommation totale, vente totale : les trois régimes comparés
Au moment de la demande de raccordement Enedis, vous choisissez un régime d'injection. Trois options existent, et ce choix conditionne désormais vos démarches bien plus que vos revenus.
Critère
Vente du surplus
Autoconsommation totale (CACSI)
Vente totale
Principe
Vous consommez votre production, l'excédent est vendu à EDF OA
Vous consommez votre production, l'excédent n'est pas injecté sur le réseau
Vous vendez 100 % de la production et achetez toute votre consommation
Éligibilité
Jusqu'à 100 kWc
Toutes puissances
Plus de 9 kWc uniquement
Ce que rapporte l'injection (6 kWc)
~31 €/an
0 €
~78 €/an, sans aucune économie de facture
Démarches
Contrat EDF OA de 20 ans, facturation annuelle
Convention gratuite, signée en ligne
Contrat EDF OA, raccordement spécifique à vos frais
Pour qui
Le choix par défaut des particuliers
Petites installations, foyers équipés d'une batterie
Plus personne, ou presque
La CACSI (convention d'autoconsommation sans injection) est le document Enedis qui officialise le choix de ne rien vendre : gratuite, signée en ligne, sans contrat d'achat ni facturation. Le contrat EDF OA, lui, court sur 20 ans avec un tarif indexé d'environ 2 % par an, un ajustement sans effet notable sur un tarif de départ à 0,011 €/kWh.
Le comparatif chiffré sur une installation de 6 kWc
Hypothèses : 6 kWc plein sud sous un ensoleillement moyen de 1 300 h/an (Paris, Lyon, Nantes), production de 7 098 kWh/an, taux d'autoconsommation de 60 %, prix de 10 867 € TTC avec la TVA à 5,5 % (installation conforme aux critères 2026).
Vente du surplus : 852 € d'économies et 31 € de revente par an
Les 4 259 kWh autoconsommés vous évitent autant d'achats au réseau, soit 852 € d'économies la première année. Les 2 839 kWh de surplus vendus à 0,011 € rapportent environ 31 € par an. Le retour sur investissement s'établit à 10,8 ans, porté par les seules économies sur la facture d'électricité : la revente est exclue du calcul tant elle pèse peu.
Autoconsommation totale : le même projet, à 31 € près
En CACSI, vous conservez l'intégralité des 852 € d'économies annuelles ; vous renoncez seulement aux quelque 31 € de surplus. Le retour sur investissement est quasi identique : l'écart entre les deux régimes représente environ 4 % des gains annuels.
Vente totale : 78 € de recettes face à une facture intacte
Appliquons fictivement ce régime au même 6 kWc (qui n'y est plus éligible) : 7 098 kWh × 0,011 € = 78 € de recettes annuelles, pendant que vous continuez d'acheter 100 % de votre consommation au réseau. À ce rythme, il faudrait plus d'un siècle pour amortir l'installation. La démonstration vaut pour toutes les puissances.
Estimez vos propres chiffres selon votre région et votre puissance :
Calculateur de rentabilité solaire
Ajustez l'ensoleillement pour estimer les économies par puissance
Ensoleillement de votre région1 300 h/an
9001 700 h/an
Très bonne (Lyon, Clermont)
Production, économies et seuil de rentabilité estimés pour une installation de 3, 6 ou 9 kWc
Puissance
3 kWc Maison < 100 m²
6 kWc Maison de 150 m²
9 kWc Maison > 200 m²
Production annuelle
3 549 kWh
7 098 kWh
10 647 kWh
Part autoconsommée
61%
61%
61%
Facture sans panneaux
100 €/mois
200 €/mois
300 €/mois
Facture avec panneaux
64 €/mois
128 €/mois
193 €/mois
Économies annuelles
430 €/an
859 €/an
1 289 €/an
Seuil de rentabilité
12,8 ans
10,7 ans
9,4 ans
Vendre son surplus ou y renoncer : comment trancher
À 31 € par an, le contrat de vente du surplus n'est plus une évidence financière. C'est le seul arbitrage encore ouvert entre les régimes, et il se joue sur trois critères.
1. Le surplus que vous allez réellement injecter
Une installation calibrée au plus près de votre consommation laisse un excédent modeste, dont la vente rapporte quelques dizaines d'euros : l'enjeu est négligeable. À l'inverse, si le dimensionnement de votre installation est généreux par rapport à vos besoins, le surplus peut atteindre plusieurs milliers de kWh et le contrat rapporter 50 à 100 € par an : autant les prendre.
2. Le poids de la simplicité administrative
Le contrat EDF OA implique une signature sur l'espace producteur, une facturation annuelle à établir et un suivi sur 20 ans ; la CACSI se signe en ligne en quelques minutes et ne génère plus aucun document ensuite. La fiscalité, elle, ne départage plus rien : au tarif actuel, il faudrait injecter environ 27 700 kWh par an pour dépasser l'abattement minimum de 305 € du micro-BIC. La base imposable est donc nulle dans la quasi-totalité des cas, comme le détaille notre guide de l'imposition des revenus solaires.
3. La présence d'une batterie
Avec un stockage, le surplus résiduel devient minime et le contrat de vente ne rapporterait que quelques euros par an : la CACSI est alors le choix naturel. Sans batterie, un surplus de 40 % de la production reste courant, et le contrat conserve un petit intérêt. Notre calcul honnête de la rentabilité d'une batterie vous aide à situer votre cas.
Notre verdict : le contrat de vente du surplus reste le choix par défaut, par simplicité plus que pour le revenu, car c'est votre installateur qui monte le dossier et 31 € par an restent 31 €. L'autoconsommation totale se défend pour les petites installations, les foyers équipés d'une batterie et ceux qui refusent tout engagement sur 20 ans. Si c'est votre cas, notre guide de l'autoconsommation sans revente détaille la convention CACSI pas à pas.
Vente totale : pour qui, et pourquoi elle ne se défend plus
La revente totale n'est plus accessible aux installations de 9 kWc ou moins depuis l'arrêté de mars 2025, ce qui exclut la quasi-totalité des toitures résidentielles. La réforme de juin 2026 a achevé de la vider de son sens au-delà de ce seuil : le tarif est le même que pour le surplus, 0,011 €/kWh, sans les économies d'autoconsommation.
Même le cas d'école du hangar ou de l'entrepôt peu occupé ne tient plus. Avant la réforme, vendre toute la production à 0,0911 €/kWh pouvait se justifier quand personne ne consommait sur place ; aujourd'hui, le même bâtiment gagne à passer en régime surplus, où chaque kWh consommé sur site vaut près de 18 fois le kWh vendu. Au-delà de 100 kWc, on change d'univers : les projets passent par les appels d'offres de la CRE, hors du périmètre de ce guide.
Dossier déposé avant le 5 juin 2026 : rien ne change pour vous
La date qui compte est celle du dépôt de la demande complète de raccordement chez Enedis. Si elle est antérieure au 5 juin 2026, vous conservez le tarif de rachat de l'époque et la prime à l'autoconsommation aux conditions d'origine, même si la mise en service intervient après la réforme. Les contrats EDF OA déjà signés, eux, courent jusqu'à leur terme de 20 ans aux conditions de signature : la réforme ne retire rien aux producteurs existants.
Réduire le surplus plutôt que le vendre
La conséquence stratégique de la réforme tient en une phrase : chaque kWh produit que vous ne consommez pas vous fait perdre 0,189 €, qu'il soit vendu ou donné. Décaler le lave-linge vers les heures solaires, piloter le chauffe-eau, programmer la recharge du véhicule électrique : ces gestes rapportent désormais 18 fois plus que le contrat de revente. Les méthodes pour passer de 30 % à 60-70 % sont détaillées dans notre guide du taux d'autoconsommation optimal.
Vos questions avant de choisir un régime
Peut-on encore vendre la totalité de sa production solaire ?
Oui, mais uniquement au-delà de 9 kWc, et au même tarif unique de 0,011 €/kWh que le surplus. Comme ce régime renonce aux économies d'autoconsommation sans rien rapporter de plus par kWh, il n'a plus de cas d'usage rationnel pour un projet déposé depuis le 5 juin 2026. Les installations qui l'ont choisi avant la réforme conservent leur tarif d'origine jusqu'au terme de leur contrat.
Que rapporte la vente du surplus depuis juin 2026 ?
Environ 31 € par an pour une installation de 6 kWc autoconsommée à 60 %, soit 2 839 kWh injectés. Sur les 20 ans du contrat, indexation comprise, cela représente de l'ordre de 700 €. C'est un bonus, pas un revenu : il ne doit peser ni dans le dimensionnement ni dans le calcul de rentabilité.
Faut-il choisir la CACSI plutôt qu'un contrat EDF OA ?
Pas par défaut. Le contrat de vente du surplus reste recommandé quand l'installateur gère le dossier : il ne coûte rien et valorise l'excédent. La CACSI prend l'avantage si vous avez une batterie, une petite installation ou une aversion aux démarches. Le passage de la CACSI vers un contrat de vente reste possible plus tard, mais il faut refaire une demande de raccordement auprès d'Enedis : comptez plusieurs mois.
Est-il encore rentable d'installer des panneaux sans revente de surplus ?
Oui, car la rentabilité repose entièrement sur les économies de facture. Avec un ensoleillement moyen, comptez 12,9 ans pour amortir 3 kWc, 10,8 ans pour 6 kWc et 9,5 ans pour 9 kWc ; dans le Sud, ces durées tombent respectivement à 10,8, 9,1 et 7,9 ans. La présence ou non d'un contrat de revente ne change ces chiffres qu'à la marge.
Une batterie est-elle indispensable pour être rentable ?
Non : les temps de retour ci-dessus s'entendent sans stockage. La batterie est devenue plus pertinente depuis la réforme, car chaque kWh stocké puis consommé le soir vaut 0,189 € de plus que vendu, mais elle ajoute son propre coût, avec une TVA qui reste à 20 % même quand les panneaux bénéficient du taux à 5,5 %. Elle se calcule au cas par cas, elle ne se présume pas.