Autoconsommation ou revente totale : quel choix en 2026 ?
Mis à jour le 18 janvier 2026
Autoconsommation avec vente du surplus ou revente totale ? Comparatif détaillé des deux modèles économiques pour votre installation solaire en 2026.
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Paul-Marie
Fondateur de Potentielsolaire
Passionné par l'énergie solaire, j'ai créé Potentielsolaire pour aider les particuliers à comprendre et réussir leur projet photovoltaïque. Chaque article est rédigé avec soin pour vous apporter des informations fiables et à jour.
Quand on installe des panneaux solaires, une question fondamentale se pose : que faire de l'électricité produite ? Deux options principales existent : l'autoconsommation (vous consommez votre production) ou la revente totale (vous vendez tout au réseau).
En 2026, avec l'évolution des tarifs et des aides, quel choix est le plus rentable ? Ce guide compare les deux modèles avec des chiffres concrets.
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Le choix entre autoconsommation et revente impacte directement votre rentabilité. Consultez notre guide complet sur la rentabilité des panneaux solaires pour calculer votre ROI.
Comprendre les deux modèles
L'autoconsommation avec vente du surplus
C'est le modèle le plus répandu pour les particuliers en 2026.
Retour sur investissement : 10 387 ÷ 1 039 = 10 ans
Scénario 2 : Revente totale (si éligible > 9 kWc)
Pour comparer équitablement, prenons une installation de 9 kWc.
Données ajustées :
Production : 11 700 kWh/an
Coût installation : ~14 000€
Revenus annuels (revente totale) :
Poste
Calcul
Montant
Vente totale
11 700 × 0,0911€
1 066€
Total gains
1 066€/an
Coûts additionnels :
Électricité à acheter : 8 000 × 0,1952€ = 1 562€/an (vs 3 320 kWh en autoconso)
Différence de facture : +851€/an
Gain net réel : 1 066 - 851 = 215€/an de mieux qu'avant solaire
Aides :
Prime autoconsommation : 0€ (pas de prime en revente totale)
Retour sur investissement : 14 000 ÷ 215 = 65 ans (!!)
Verdict clair
Critère
Autoconsommation
Revente totale
Gain annuel net
1 039€
215€
Prime
480€
0€
ROI
10 ans
65 ans
Recommandation
✅ Oui
❌ Non
L'autoconsommation avec vente du surplus est largement plus rentable en 2026.
Pourquoi l'autoconsommation gagne ?
L'écart de valorisation
Le cœur du problème est simple :
Électricité autoconsommée : valorisée à 0,1952€/kWh (prix évité)
Électricité revendue : valorisée à 0,04-0,09€/kWh (tarif de rachat)
Chaque kWh que vous consommez vous-même vaut 2 à 5 fois plus qu'un kWh vendu.
L'absence de prime en revente totale
La prime à l'autoconsommation n'est versée que pour les installations en autoconsommation avec vente du surplus. En revente totale, vous perdez :
Puissance
Prime perdue
3 kWc
240€
6 kWc
480€
9 kWc
720€
L'évolution prévisible des tarifs
Le prix de l'électricité réseau augmente régulièrement (+10% en moyenne par an ces dernières années). Chaque kWh autoconsommé prend de la valeur au fil du temps.
Le tarif de rachat, lui, est fixé pour 20 ans à la signature du contrat. Pas de revalorisation.
Quand la revente totale peut-elle se justifier ?
Malgré son désavantage économique, la revente totale peut avoir du sens dans quelques cas rares.
Cas 1 : Consommation quasi-nulle en journée
Si vous êtes absent toute la journée et consommez essentiellement le soir/nuit, votre taux d'autoconsommation sera très faible (20-30%).
Dans ce cas extrême, la revente totale serait légèrement meilleure. Mais :
Vous n'aurez pas la prime (480€)
Des ajustements simples (programmation ballon, machine à laver) augmentent facilement l'autoconsommation à 40-50%
Cas 2 : Très grande installation professionnelle
Pour les installations > 100 kWc sur bâtiments professionnels, la revente totale peut être pertinente. Mais ce n'est pas le sujet de cet article (particuliers).
Cas 3 : Projet ancien avec anciens tarifs
Les contrats signés avant 2020 avec des tarifs de rachat élevés (0,20-0,30€/kWh) sont très rentables en revente totale. Mais ces tarifs ne sont plus disponibles pour les nouvelles installations.
Le compromis optimal : autoconsommation avec surplus
Maximiser l'autoconsommation
L'objectif est de consommer le maximum de sa production pour bénéficier du tarif "évité" à 0,20€/kWh plutôt que de revendre à 0,04€/kWh.
Actions simples pour augmenter l'autoconsommation :
Action
Gain potentiel
Programmer le ballon d'eau chaude en journée
+10-15%
Lancer lave-linge/sèche-linge à midi
+5-10%
Programmer la recharge VE en journée
+15-25%
Chauffage/climatisation en journée
+10-20%
Avec ces ajustements, un foyer classique peut passer de 30% à 60-70% d'autoconsommation.
Vendre le surplus plutôt que le perdre
Même avec un bon taux d'autoconsommation, vous aurez toujours un surplus (vacances, week-ends ensoleillés...). Le contrat de vente du surplus permet de valoriser cette électricité plutôt que de la "donner" au réseau.
Sans contrat OA : Surplus perdu
Avec contrat OA : Surplus vendu à 0,04€/kWh = quelques centaines d'euros par an
Tarifs T1 2026 — valables du 01/01/2026 au 31/03/2026
Puissance
Vente totale (€/kWh)
Vente surplus (€/kWh)
≤ 3 kWc
Non disponible
0,0400 €/kWh
≤ 9 kWc
Non disponible
0,0400 €/kWh
≤ 36 kWc
0,0911 €/kWh
0,0536 €/kWh
≤ 100 kWc
0,0792 €/kWh
0,0536 €/kWh
L'option batterie pour réduire le surplus
Si vous produisez beaucoup de surplus, une batterie de stockage permet de l'utiliser le soir plutôt que de le revendre.
Le calcul :
Surplus revendu : 0,04€/kWh
Électricité achetée le soir : 0,20€/kWh
Gain par kWh stocké puis consommé : 0,16€
Mais attention : Le coût des batteries (800-1200€/kWh) rend ce calcul rarement rentable financièrement. Consultez notre guide sur les batteries de stockage pour une analyse complète.
Impact fiscal des deux options
Exonération d'impôt (≤ 3 kWc)
Pour les installations ≤ 3 kWc raccordées en 2 points, les revenus de vente sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, que ce soit en autoconsommation avec surplus ou en revente totale.
Régime Micro-BIC (> 3 kWc)
Au-delà de 3 kWc, les revenus sont imposables au régime Micro-BIC :
Abattement forfaitaire de 71%
Imposition sur 29% des revenus
Prélèvements sociaux (17,2%) sur les 29%
Exemple (6 kWc, 500€ de vente/an) :
Base imposable : 500 × 29% = 145€
Impôt (TMI 30%) : 145 × 30% = 43€
PS : 145 × 17,2% = 25€
Reste net : 432€ sur 500€
L'impact fiscal est similaire dans les deux modes. Ce n'est pas un critère de choix.
Questions fréquentes
Peut-on changer de mode après installation ?
Oui, mais c'est compliqué. Le passage d'autoconsommation à revente totale (ou inversement) nécessite de résilier le contrat OA existant, modifier le raccordement, et signer un nouveau contrat. Comptez 6 à 12 mois et des frais administratifs. Mieux vaut bien choisir dès le départ.
La revente totale est-elle encore proposée par les installateurs ?
Rarement. La plupart des installateurs proposent par défaut l'autoconsommation avec vente du surplus, car c'est le modèle le plus rentable et le plus simple. La revente totale nécessite une installation spécifique (compteur dédié).
Que devient le surplus si je n'ai pas de contrat OA ?
Sans contrat, votre surplus est injecté gratuitement sur le réseau. Vous ne recevez rien. C'est du gaspillage. Signez toujours un contrat de vente du surplus, même si les montants sont modestes.
L'autoconsommation totale (sans injection) est-elle possible ?
Oui, techniquement. Vous pouvez installer un système qui limite la production pour ne jamais injecter. Mais vous perdez la prime autoconsommation et vous sous-exploitez votre installation. Non recommandé.
Les tarifs de rachat vont-ils augmenter ?
Historiquement, les tarifs de rachat ont plutôt baissé. La tendance actuelle est à la stabilisation. Ne comptez pas sur une augmentation future pour rentabiliser un choix de revente totale.
Notre recommandation
Pour un particulier en 2026, l'autoconsommation avec vente du surplus est le choix évident :
✅ Meilleure rentabilité (ROI divisé par 2 à 6 vs revente totale)
✅ Prime à l'autoconsommation (240-720€)
✅ Valorisation au prix fort de l'électricité évitée
✅ Protection contre les hausses futures du prix de l'électricité
✅ Surplus valorisé plutôt que perdu
La revente totale n'a de sens que dans des cas très marginaux (bâtiment professionnel, absence totale d'occupation...).